La Croix-Rouge

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Hors La Croix-Rouge détentrice de l'oeuvre de Henri DUNANT

HISTOIRE DE LA CROIX-ROUGE

 

La Société de Secours aux Blessés Militaires S.S.B.M.,

première forme de la croix-Rouge nationale française,

a été créée par un Comité provisoire, en mai 1863,

et de façon définitive, un an et deux jours après.

Si l'acte est important en soi,

                                                   l'idée qui l'a inspiré et l'a rendu possible l'est davantage encore.

 

   Or, l'idée qui est à la base de la Croix-Rouge est née sur un champ de bataille,

à Solférino, le 23 juin 1859,

dans le cerveau ou plutôt dans le cœur d'un homme qui n'avait

aucun titre, aucun mandat, aucun grade, aucune fonction et qui,

cependant, a été l'initiateur d'une entreprise nationale et internationale grandiose,

dont il n'est pas abusif de dire que le succès dépasse les performances

de la Société des Nations et de l'O.N.U, si bien que parler de la Croix-Rouge,

c'est avant tout évoquer la figure et le rôle d'Henri Dunant.

On se doit même de la faire d'autant plus que Dunant n'a pas toujours été traité avec justice

et indulgence et que sa vie a été marquée par de cruelles vicissitudes.


Un Genevois à la recherche de Napoléon III


    Henri Dunant fut un citoyen genevois sans notoriété, né en 1828 d'une famille de bonne bourgeoisie,

estimée dans la cité. Français du reste, par son ascendance maternelle, calviniste fervent,

il avait, au physique, un visage ouvert, avenant, éclairé par des yeux vifs et brillants,

encadré par des favoris à l'autrichienne ; de sa personne émanait un incontestable pouvoir de séduction.


    Au moral, il se distinguait par une extrême sensibilité, toujours prête à s'émouvoir,

une générosité débordante, toujours disposée à se pencher sur les malheurs d'autrui,

une nature noble et chevaleresque, un caractère audacieux, porté à l'action immédiate,

capable de remuer ciel et terre pour arriver à ses fins, et doué d'une imagination féconde.


    A vingt ans, Dunant appartenait à une Société des Aumônes et il visitait les quartiers pauvres et les prisons.

Encore lui fallait-il gagner sa vie, choisir un métier.

Il entre d'abord chez des banquier, puis passe de leurs bureaux au service

de la Compagnie des Colonies suisses de Sétif.

En 1853, il est envoyé en Algérie dont il pressent vite l'avenir économique auquel elle semble appelée.

Il contracte le goût des affaires, au point de s'émanciper et de vouloir opérer pour son propre compte.

Il s'efforce donc d'acquérir un domaine de 50 hectares et une chute d'eau qui fera tourner des moulins à blé.

Ce premier projet ayant échoué, il en échafaude aussitôt un autre.

Il obtient du Gouvernement Général, à 17 km de Djémila, dans la région de Constantine,

une concession de 7 hectares, au milieu de laquelle il construit ses moulins.

Mais la superficie de son domaine est insuffisante : il multiplie des démarches,

tant à Alger qu'à Paris, qui n'aboutissent pas.

Pensant qu'une Société aura plus de chances qu'un individu,

il fonde la S.A. des Moulins de Mons-Djémila, au capital de 1 million,

somme importante pour l'époque et fournie, sur sa bonne mine, par ses compatriotes genevois.

Ce sera l'origine de ses futurs malheurs.

Pour le moment il s'exaspère des lenteurs administratives,

estime que les choses ne peuvent plus traîner, que les délais imposés sont intolérables.

Il décide d'aller voir Napoléon III. Mais l'Empereur des Français est, en cet été 1859,

en guerre avec l'Autriche qu'il vient de battre,

à la tête de l'armée franco-sarde, à Magenta.


    Qu'à cela ne tienne ! Henri Dunant le poursuit d'étape en étape,

ne reculant devant aucun obstacle, ayant confiance en son étoile.

Il frète un cheval, une calèche, un cocher, un paysan de Mantoue qui tremble de peur.

Dunant a ramassé en route un caporal français du génie, qui tente de repérer les traces perdues de son bataillon,

Dunant en fait son officier d'ordonnance, installé sur le siège à côté du cocher.

Dans cet équipage, il sillonne la zone d'opération de l'armée française.

Chacun s'étonne et se demande quel est ce singulier personnage, ce civil qu'on appelle vite « l'homme en blanc »

parce qu'il est vêtu, comme en Algérie, d'un vêtement de coutil blanc

et qu'il est coiffé d'un chapeau de paille ressemblant à un casque colonial.

Le 24 juin, à l'aube, à Goïto, au sud du lac de Garde, se produit entre les Franco-Sardes et les Autrichiens

un choc d'une violence inouïe, une affreuse tuerie, se prolongeant 14 heures sous un soleil accablant.

On n'a rien vu de pareil depuis Borodino, Leipzig, Waterloo.


    L'enjeu de la lutte est la possession de la crête que domine la vieille tour de Solferino.

La victoire est finalement aux Français, sanctionnée par un orage et une pluie diluvienne.

Le chiffre des tués et des blessés dépasse 40.000, dont 17.000 Français.

Dès que la canonnade et la fusillade ont cessé,

Dunant parcourt le champ de bataille, jonché de flaques de sang, couvert de cadavres déchiquetés,

de blessés gémissant exhibant d'atroces mutilations,

appelant à l'aide,

suppliant qu'on les soigne ou les achève,

réclamant à boire.

    Le Service de Santé militaire est débordé par l'ampleur et l'urgence des besoins,

manquant de véhicules, d'infirmiers, de pansements, d'instruments chirurgicaux.

Dans les écoles, les églises, transformées en hôpitaux, où sont entassés pèle-mêle

les blessés recueillis et acheminés tant bien que mal, le spectacle est pire

encore que celui du champ de bataille.

Dunant est bouleversé, il éprouve un ébranlement de tout son être, un soulèvement de toute son âme.

Un flot de pitié l'envahit, ponctué d'indignation : comment de telles abominations sont-elles possibles ?

Mais « l'homme en blanc » ne médite pas longtemps ;

il s'établit, le 25 juin, à Castiglione, dans l'église principale pour y installer un millier de blessés

et leur procure de la paille, de l'eau, de la nourriture, du linge, de la charpie, du tabac.

Il va des uns aux autres,

veillant à ce que les Autrichiens,

les Hongrois, qui ne peuvent se faire comprendre, ne soient pas négligés.

 

    Il seconde le travail des chirurgiens.

Pour l'aider dans la tâche qu'il s'attribue d'autorité,

il recrute les habitants de Castiglione,

les bourgeoises comme les gens du peuple et les paysans des environs.

Faisant appel à leur bonne volonté,

il les embrigade pour les entraîner dans le sillage de sa charité.

Il pense au bien qu'il ferait, au soulagement qu'il apporterait à ces malheureux

s'il disposait d'équipes de volontaires préparées et entraînées à l'avance.

Quand il rentre d'Italie, Henri Dunant a reçu une révélation :

puisque l'on ne peut songer à supprimer les guerres,

le devoir est de consacrer ses forces à en atténuer les cruautés.

Pour cela, il faut créer des Sociétés de secours aux blessés,

instruites et entraînées dès le temps de paix et dont les volontaires seront,

pour les Services de Santé des armées, des auxiliaires précieux.

Et il faut, d'autre part, amener les États belligérants à reconnaître par une Convention

et à observer un principe supérieur, en vertu duquel les blessés des deux camps

et le personnel qui les soignera, seront respectés, immunisés et assurés de neutralité.

Réaliser ce programme, qui se présente clairement à l'esprit de Dunant, sera désormais la mission de sa vie.

Les intérêts matériels qu'il a en Algérie et qu'il était venu défendre en France, sont relégués au second plan.

D'ailleurs, Napoléon, tout en l'assurant de sa sympathie, l'a éconduit.


    Â Genève, à Paris, où il a des amis haut-placés,

Dunant, encore frémissant de l'expérience qu'il vient de vivre, expose ses projets.

Il est accueilli favorablement, on l'écoute, on l'encourage.

Mais il comprend vite que les visites individuelles

et la fréquentation des salon le conduiront beaucoup trop lentement au but recherché.

Il faudrait frapper un grand coup en touchant le public plus nombreux.

Dunant espère y réussir en publiant un ouvrage dans lequel il racontera son aventure

et les conclusions que devraient, selon lui, en tirer les gens de cœur.

 

 

Histoire longue et meurtrie ,

excusez-moi, mais la suite viendra ;

c'est un long et bouleversant thème à faire, sur une histoire vécue en son temps.

merci !

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