
Le Grand Esprit nous a donné une vaste Terre pour y vivre, et des Bisons,
des Daims, des Antilopes et autres gibier.
Mais vous êtes venus et vous nous volez nos terres.
Vous tuez notre gibier. Il est devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler.
Or le Grand Esprit nous a fait pour travailler, et pour vivre de la chasse.
Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement.
Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés ? »
Nous ne voulons pas de votre civilisation !
Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux.
Nous avons toujours eu beaucoup, nos enfants n'ont jamais pleuré de faim,
notre peuple n'a jamais manqué de rien...
Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson,
et la Terre très fertile à toujours portée de bonnes récoltes
de maïs, de haricots, de citrouilles, de courges...
Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels
nous avons tenu la vallée sans qu'elle nous fût jamais disputée.
Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir,
et ce qui est advenu, personne dans le village ne l'aurait cru.

Les Blancs se moquent de la Terre, du Daim ou de l'Ours. Lorsque nous, Indiens,
cherchons les racines, nous faisons de petits trous.
Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n'utilisons que le bois mort.
L'homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout.
L'arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ».
Mais il l'abat et le débite. L'esprit de la Terre le hait.
Il arrache les arbres et les ébranle jusqu'à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal.
Les Indiens ne font pas de mal, alors que l'homme blanc démolit tout.
Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ».
Mais l'homme blanc n'y fait pas attention.
Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu...
Comment l'esprit de la Terre pourrait-il aimer l'homme blanc ?..
Partout où il la touche, il y laisse une plaie.
Nous le savons, la Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre.
Nous le savons, toutes choses sont liées.
Tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la terre.
L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu.
Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même.
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